Histoire du tatouage

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Le tatouage qui est pratiqué dans le monde entier aujourd’hui a des origines diverses, mais l’origine étymologique du mot est polynésienne. En effet l’art du tatouage est intrinsèquement lié à la culture polynésienne. Il traduit « ce qu’il y a de plus profond dans l’homme ». Aux Marquises par exemple, « c’est la peau qui fait l’Enata (l’homme), qui le rend humain, mortel et non simplement esprit ». Elle est son image et l’expression de son identité qui reflète le passé, et dévoile le futur d’une lignée qui remonte à la nuit des temps. Le tatouage avait été transmis par les anciens, des ancêtres divinisés, des dieux et l’on devait s’en montrer digne, s’y préparer physiquement. Détourner cet art, et ses motifs, de leur destination originelle, c’était assurément risquer leur couroux. L’histoire du tatouage (tatau) est très difficile à retracer, car même s’il s’agit d’une pratique ancestrale, on ne peut pas encore la situer avec exactitude dans le temps. Selon la légende, en Polynésie, le tatouage serait d’origine divine. En effet, pendant le Pô, la pratique du tatouage aurait été créée par les deux fils du dieu Ta’aroa : Mata Mata Arahu et Tu Ra’i Po. Les deux frères faisaient partie d’un groupe d’artisans dont faisaient également partie un autre dieu, celui de l’habilité, et Hina Ere Ere Manua, fille du premier Homme. Lorsque Hina Ere Ere Manua devint une pahio, les deux dieux en tombèrent amoureux. Pour la séduire ils inventèrent le tatouage, s’ornèrent d’un motif appelé Tao Maro Mata et réussirent à enlever la jeune fille du lieu où elle avait été enfermée depuis qu’elle était devenue une jeune femme, car poussée elle aussi par le désir elle trompa la vigilance de sa « prison » pour se faire tatouer.

C’est ainsi qu’est né le tatouage en Polynésie. Cette pratique fut d’abord utilisée par les deux fils du dieu Ta’aroa, puis ils transmirent leur savoir aux Hommes qui trouvèrent cette pratique très intéressante et l’utilisèrent en abondance. Les deux frères Mata Mata Arahu et Tu Ra’i Po devinrent ainsi les dieux du tatouage.

Avant l’arrivée des missionnaires, les Polynésiens n’utilisaient pas le langage écrit, transmettant leur savoir oralement. Les motifs symboliques des tatouages sur le corps permettaient d’exprimer l’identité et la personnalité d’une personne. Ils indiquaient également le rang social dans la hiérarchie, la maturité sexuelle ou encore la généalogie.
L’art du tatouage était considéré par les Polynésiens comme Tapu et réservé aux seuls initiés.

Traditionnellement il était surtout réservé aux classes supérieures (chefs de tribus).Plus l’Homme était tatoué, plus son prestige était grand. Etre tatoué était un signe de force, de pouvoir et de richesse pour l’individu. Par conséquent on pouvait observer les tatouages les plus élaborés sur les guerriers ou les chefs.

Les individus non tatoués étaient méprisés tandis que ceux qui étaient entièrement tatoués de la tête au pied pouvaient jouir d’un grand prestige.Le tatouage Polynésien est donc, de par ses origines divines, destiné à l’usage des classes sociales de rang élevé : Dieux, prêtres, rois et chefs et leurs descendants. Les classes supérieures affichaient ainsi leur différenciation sociale. Il s’agit d’un type de tatouage appelé Hui Ari’i et Arioi réservés aux chefs (hommes et femmes). Comme le remarqua (Ch. L. Clavel médecin-major sur le Hugon au 19éme siècle lors de son séjour aux Marquises, le fait de ne pas être tatoué interdisait la consommation de chair humaine, « une main dont la face dorsale n’était pas embellie des phalangettes jusqu’au poignet, ne pouvait puiser sa part de « popoï » dans le plat commun ». E. Robarts, un marin anglais, guide et interprète ayant séjourné aux Marquises au 19ème siècle rapporte notamment qu’il avait dû se faire tatouer un motif sur la poitrine afin d’être nourri lors d’une période de famine.

Un Tatau doit être réellement unique et il est courant que les authentiques Tahuna (« spécialistes », nom des tatoueurs traditionnels) refuse de tatouer deux fois un même motif, la reproduction ne faisant pas partie des coutumes de tatouage en Polynésie, où le Tatau reflète l’âme de celui qui le porte.

Chez les hommes, le tatouage commençait généralement très tôt, entre 11 et 12 ans. Il fallait généralement attendre la trentaine pour compléter leur panoplie de tatouages sur tout le corps. Chez les femmes, le tatouage avait une vocation plus ornementale et destinée à la séduction. Les motifs sont donc dès l’origine plus localisés sur les parties charnues, comme un attrait sexuel plus élégant, une véritable parure. Les filles étaient tatouées dès 8 ans afin d’arriver avec des tatouages à l’âge de la puberté. Les tataus des femmes polynésiennes sont constitués généralement de fines lignes sur la tête, qui suivent de contour des lèvres. Sont également tatoués le bas du dos, les jambes et les épaules. Les mains et les doigts étaient recouverts de tatouages particulièrement fins et aux motifs travaillés comme des parures de bijoux. Les femmes Polynésiennes aux mains et pieds non tatoués étaient généralement considérées comme laides et repoussantes

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